jeudi 24 juin 2010

La défaite conduit à la réussite

Les mésaventures de l'équipe de France me fait penser à ceux que beaucoup pense:
"Il faut toujours réussir. Quand on loupe, c'est qu'on n'est pas un bon et qu'on ne le sera jamais"

Dommage, je n'ai pas le même point de vue. Je sais par expérience que les anglo-saxons partagent en partis mon point de vue. Serais-je anglo-saxons? Pourtant, j'ai du sang Pied-Noir et Italien dans mes veines.

Pour moi, quelqu'un qui n'a pas réussi peut à nouveau réussir si il fait le bon constat de l'échec et si les autres personnes concernées font aussi le constat de ceux qui a conduit à l'échec. Un échec n'est jamais individuel dans nos société.

Un élève rate son examen. Il y a plusieurs possibilités :
  • pas le temps de réviser pour pouvoir vivre (aménagement du temps de travail)
  • pas les moyens de réviser (absence de support de cours)
  • pas la compréhension des cours (pas la maturité suffisante pour appréhender les cours)
    • le professeur n'a pas vu l'élève en difficulté
    • l'élève n'a pas choisi ces cours et n'a pas la motivation
    • ...

  • pas de motivation particulière (pas à sa place)
  • ...

De même manière, un salarié peut ne pas se sentir bien dans son travail, ne pas être à l'aise dans sa vie, etc ... Tout cela va influencer sur sa capacité de réussir ou non les missions ou travaux qui lui seront confiés. Mais, généralement, s'il ne réussit pas, c'est anormal. S'il réussit, c'est normal. Et, tant qu'il va réussir, ses manageurs ne se poseront aucune question mais il sera tout près du licenciement au moindre faux pas.

Dans le monde anglo-saxon, une personne qui réussit dans tout ses missions et travaux éveille ses manageurs. Ils se poseront les questions afin de comprendre pourquoi cette personne réussit. Elle peux réussir parce qu'elle est très motivé, qu'elle a du temps pour travailler, qu'elle est bien dans sa vie, ...
De toutes ces questions, les manageurs lui feront des propositions soit d'évolutions, soit de modifications de son travail, ...
Par contre, lorsque cette personne ne réussit pas, les manageurs se posent les questions sur l'échec. Si l'échec vient surtout de la personne alors on lui en fait part et elle est généralement viré sauf seconde chance. Si l'échec vient de l'environnement de la personne (professionnel ou personnel), un constat est réalisé entre les manageurs et les personnes concernées.

En France, une personne qui a été licencié pour faute verra ses chances de retrouver un travail s'amenuiser avec le temps. Dans les pays anglo-saxons, si la personne a compris son échec et, que lors de son entretien d'embauche, elle réussit à faire passer le message, les manageurs auront plus envie de faire confiance à cette personne car elle a eu l'expérience.

Pour nous, français, l'expérience, c'est l'ensemble des réussites.
Pour les anglo-saxons, l'expérience, c'est l'ensemble des échecs dont on a tiré les enseignements.

Et oui, on préfère mettre un jeune diplômé d'une Grande École à la tête d'un groupe de personnes ou une entreprise pour qu'il fasse ses preuves. Après, grâce à son propre réseau, cet personne pourra en cas d'échec rebondir une ou deux fois.
A une époque chez Dassault, les jeunes devaient participer aux tâches ingrates jusqu'à ce qu'il ai de l'expérience. Maintenant, si ils ne sont pas sur des tâches intéressantes, ils vont voir ailleurs. Mais généralement, les grandes entreprises ne rendent pas compte qu'il y a des milliers de jeunes qui ont des diplômes beaucoup moins brillant mais qui possèdent les compétences, la motivation pour se frotter à des tâches de moindre importance. Certains auront des envies d'évolution dans la hiérarchie et d'autres non mais ceci fera l'objet d'un autre billet à venir.

La morale: il faut laisser les gens se construire une expérience avec des échecs et des réussites.

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